Cluster Servagri réussit son webinaire: Les impacts du changement climatique sur l’oléiculture et sur la sécurité alimentaire!

 

Le «Groupe d’Action Locale Eloro», chef de file du projet Cluster Servagri, en collaboration avec l’Observatoire Servagri, a organisé le vendredi 3 septembre son webinaire, intitulé «Impacts des effets du changement climatique dans la zone transfrontalière tuniso-italienne : état de l’art et perspectives», et ce dans le cadre du Programme IEV de Coopération Transfrontalière «Italie-Tunisie» 2014/2020.

La réussite de ce webinaire auprès de la communauté scientifique, des acteurs de la filière oléicole et de la société civile s’est concrétisée à travers la richesse des propositions développées et des actions définies afin de mettre en œuvre au mieux des stratégies d’adaptation au phénomène du changement climatique.

M. Sergio Campanella, coordinateur général du projet Cluster Servagri, a présenté une réflexion des plus inédites en rappelant que le changement climatique a déjà un effet alarmant sur l’agriculture et des impacts sur la sécurité alimentaire, ce qui affecte les moyens de subsistance et l’accès à une alimentation saine et en quantité suffisante des ménages et des communautés les plus vulnérables à ce phénomène dans la zone transfrontalière. Un accroissement de ces impacts rendrait presque impossible une adaptation adéquate par les secteurs agricoles et entraînerait des baisses drastiques de la productivité.

En effet, l’intervention de M. Denis Pommier (agroéconomiste et consultant) a rappelé que l’un des grands défis serait d’accroître l’offre alimentaire pour répondre aux besoins d’une population mondiale croissante, tout en développant le secteur agricole dans des limites environnementales. Il a mis en valeur l’importance du secteur agricole et a rappelé que ce dernier est une priorité nationale d’adaptation dans la contribution aux éléments de la phase préparatoire du processus du Plan National d’Adaptation au Changement Climatique : Volet Sécurité Alimentaire de la Tunisie. Il a expliqué qu’au-delà des considérables dégâts écologiques, de la multiplication des catastrophes naturelles, des dangers sur la santé publique… les effets du dérèglement climatique vont aussi aggraver le caractère rural de la pauvreté.

L’intervention de Mme. Rim Zitouna, chercheuse à l’inrgref-Tunisie, a concerné les résultats d’une étude basée sur la projection climatique et l’évolution des indicateurs agro-climatiques: celle-ci a trouvé un écho auprès des participants. Cette étude recense une modélisation des rendements en olives adaptées au contexte tunisien et aux dynamiques du changement climatique en Tunisie. Elle est menée dans le cadre du programme Adapt’Action, dont les principaux objectifs consistent en un accompagnement des pays et des organisations régionales particulièrement vulnérables aux impacts du dérèglement climatique dans la mise en œuvre de leurs stratégies d’adaptation grâce à une assistance technique et à des activités de renforcement de capacités afin de consolider la gouvernance climat, mieux intégrer l’adaptation au changement climatique dans les politiques publiques et faire émerger des projets d’adaptation structurants.

Aussi, M. Gaetano Chinnici, Professeur à l’Université de Catane-Italie, est revenu sur des questionnements profonds et critiques, tout en proposant des pistes de réflexions qui touchent les impacts du changement climatique sur la sécurité alimentaire et sur l’oléiculture en Italie, et en particulier en Sicile.

Un autre questionnement touche les défis et les principales priorités identifiés pour une oléiculture plus durable dans un contexte de changement climatique. A cet effet, M. Ali MHIRI, Professeur à l’INAT-Tunisie et auteur de l’ouvrage intitulé «Agriculture tunisienne à la croisée des chemins: quelles visions pour une agriculture durable?» a présenté l’approche de l’ «oasis pluviale», qui serait plus durable et résiliente et a indiqué que les perspectives  de l’oléiculture en Tunisie dépendent des capacités  des  acteurs de la filière oléicole à maîtriser les multiples contraintes qui entravent son développement, et en particulier les effets du changement climatique.

Professeur Mario Damico (Université de Catane-Italie) a insisté sur l’importance d’un accès beaucoup plus large aux technologies, au crédit, aux investissements intelligents et à l’information pour les opérateurs du secteur agricole, de manière à pouvoir ajuster leurs systèmes et pratiques de production aux changements climatiques.

Les discussions et les échanges dans la phase débat du webinaire ont démontré la nécessité d’élargir le niveau des connaissances factuelles, d’élaborer des politiques, des plans et des investissements pertinents, l’importance de renforcer la coordination entre les institutions responsables de l’agriculture, du changement climatique et de la sécurité alimentaire et l’obligation d’instaurer et/ou d’améliorer les options de financement pour la lutte contre le changement climatique et la mise en œuvre des pratiques d’adaptation sur le terrain.

Dr. Béchir Ben Rouina, qui a tiré les conclusions du webinaire, a souligné l’importance de la coordination et de l’alignement des plans de développement agricole et des actions qui traitent des enjeux climatiques et des autres enjeux environnementaux pour garantir une gestion intégrée, nécessaire pour faire face aux menaces liées aux changements climatiques. Ces actions pourraient contribuer à réorienter les systèmes agricoles dans les pays les plus exposés aux risques climatiques. Il a mis clairement l’accent sur la nécessité d’adapter les pratiques agricoles en oléiculture pour faire face au changement climatique de manière efficace.

La clôture du webinaire faite par M. Sergio Campanella a révélé que le principal défi dans la zone transfrontalière tuniso-italienne consisterait à pouvoir migrer vers une gestion plus durable des exploitations agricoles qui équilibre les besoins à court terme en matière de subsistance et de sécurité alimentaire avec les priorités d’adaptation et d’atténuation et qui préserve les services écosystémiques importants pour la sécurité alimentaire et le développement agricole. Ces objectifs ne peuvent être atteints qu’avec la construction d’une gouvernance structurée et fortement participative qui implique tous les niveaux du gouvernement, jusqu’à la société civile, afin d’entreprendre tous ensemble des actions coordonnées et partagées avec le territoire où on vit et dont on a le droit d’en déterminer le futur aménagement, y compris l’optimisation et la répartition la plus appropriée des ressources à mobiliser sur le terrain.

Ce webinaire de réflexion a ouvert l’appétit vers de nouvelles rencontres transfrontalières que proposera l’équipe du projet Cluster Servagri dans les jours à venir.

Les liens afin de revoir le webinaire sont les suivants:

https://clusterservagri.eu/webinaire-projet-cluster-servagri-videos-et-presentations/

https://www.youtube.com/watch?v=BlGO3j-5REY

 

Article écrit par:

Asma Mami Maazoun
Dr. Ing en Industries Agroalimentaires – INAT

 

Publié dans Leaders

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